Une guerre plus tard.
Désespérant pour ceux qui pensent comme nous tous ici que la seule façon de gagner une guerre, c'est encore de ne pas la faire. Et qu'une guerre est perdue dès qu'un homme est tombé.
Une guerre plus tard. L'occasion pour tant de gens de hurler qu'ils nous détestent. Sans nous connaître. Sans même savoir pourquoi.
Une guerre plus tard et les roquettes qui continuent de tomber sur le kibboutz de ma tantine qui vit depuis plus de 40 ans à 3 km de Gaza.
Gaza, pour ma famille, ce sont les pancartes qu'ils faut suivre après Ashquelon pour rendre visite à la belle Lisa. Gaza, pour ma famille, ce sont les jolies lumières au bout de la plage sauvage. Gaza, ce sont les ouvriers agricoles qui ont regardé pousser les fleurs du kibboutz. Gaza, ce sont les mêmes qui avaient l'air si désespéré quand ils sont venus dire adieu, mais en continuant à travailler pour les juifs, ils auraient mis en danger la vie de leurs familles, que sont-elles leurs familles aujourd'hui devenues ? Gaza, ce sont les paysans du Goush Katif, parce que les journaux européens ont beau les appeler colons, tout le monde a compris, n'est-ce pas, que ce sont des paysans, soucieux de leurs tomates et de leurs fraises sous serres que le kibboutz a dû accueillir quand on les a délogés pour rendre les territoires en 2005, ah bon, les territoires ont été rendus, mais alors Gaza n'est pas occupé, ben non, mince.
Gaza, aujourd'hui, ce sont ces bombes avec un nomde salade, et la verdure du mot n'amoindrit en rien la sanglante stupidité de la chose. Les roquettes pleuvaient avant la guerre, elles se sont déchaînées pendant, elles continuent de tomber après dans l'indifférence générale. Si, si, vous avez bien lu, il en tombe encore. Désespérant.
On n'est pas rendus.