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Parce qu'il est peut être temps de comprendre qu'Israël est le pays qui a le plus à gagner à la création d'un État Palestinien libre et ouvert...

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Etat d'âme

Une de mes tantes vit depuis près de 40 ans dans un kibboutz proche de Gaza.

Quand Israël s'est retiré de la zone de Gaza, c'est là, dans ce kibboutz qu'ont été relogés les paysans du Goush Katif. Car tout le monde a bien comris que c'est de paysans qu'on parle, n'est ce pas ? Ce serait presque drôle si ce n'était si stupide, de penser que les affreux colons des journaux télévisés ne sont qu'une bande de paysans soucieux de leurs cultures en serres de tomates et de fraises. Soit dit en passant, quand ils ont quitté les lieux, lesdits paysans ont laissé en état leurs systèmes d'irrigation et leurs serres, parce que la terre, pour l'exploiter, il faut s'en donner les moyens. Le plus grand crime du Hamas, c'est peut-être ça. La stupidité. Disposer des moyens de nourrir ses enfants et faire d'une serre une rampe de lancement de missiles. Faut-il être pervers ?

Enfin. Le kibboutz en question est donc tout proche de Gaza. C'est dire si Gaza est, pour ma famille, un élément tangible de la réalité quotidienne.

Gaza, pour nous, ce sont les pancartes qu'il faut suivre pour rejoindre le kibboutz après Ahquelon. Gaza, pour nous, dans les années 80, 90, cad du plus loin que je me souvienne,  c'étaient les ouvriers agricoles que l'on croisait dans les allées israéliennes en fleurs en journée, et qui s'en allaient le soir rejoindre leurs logis par le bus du soir en agitant la main.

Gaza, dans les années 2000, ce furent les mêmes qui vinrent expliquer avec tant de détresse, on ne peut plus venir travailler ici, si on continue, on met en danger la vie de nos familles, et ils ont donné l'accolade à mon oncle après le café au lait du soir sur la terrasse et tous avaient les larmes aux yeux.

Gaza, aujourd'hui, c'est cet autre monde, si lointain, à des années lumière de civilisation, c'est sûr, mais aussi si proche, mon dieu, ça n'est toujours qu'à 3 km, ce monde au dessus duquel plane le zeppelin qui prévient des roquettes en partance.

Les roquettes, tiens. Elles n'ont jamais cessé de pleuvoir pendant aucun cessez-le feu. Elles n'ont pas cessé avant la guerre, elles n'ont pas cessé pendant. Plus bizarre, elles n'ont pas cessé depuis.

Où sont-ils, tous les pacifistes qui défilaient hier ? Un cessez-le-feu non respecté, cela ne les excite pas ? Ils n'ont pas semblé excités, à vrai dire, quand au plus fort du conflit, un cessez-le feu de 3 h par jour a été décrété pour permettre le passage de l'aide humanitaire, cela est tellement inédit, c'était la première fois qu'un truc pareil arrivait, et déjà, ce cessez-le feu là n'était pas respecté par... le Hamas qui tirait sur les convois de vivres. Sans soulever aucune réaction. Pauvres palestiniens. Quels piètres amis qui sont les leurs...

Les roquettes tombent encore aujourd'hui, donc, alors que la guerre est terminée, que Gaza est parait-il dévasté. Des roquettes. D'où ? Pourquoi ? Si c'est de la colère, pourquoi les médias ne la relaient-ils pas ? Si c'est de la détresse, pourquoi les médias ne la relaient-ils pas ? Si c'est de l'émotion, pourquoi les médias ne la relaient-ils pas ? Si ces mots sont ridicules, pourquoi les médias les emploient-ils ?

Si c'est la guerre qui n'est pas terminée, ou d'un côté seulement, que fait l'ONU ? Ce genre de situation n'est-elle pas de son ressort ?

Qu'attendent les ONG de tous poils pour extraire les enfants innocents ou pas, d'ailleurs, mais qu'importe, de toute cette fureur imbécile ? A moins qu'on ne craigne que leur absence ne rende les combats à venir moins télégéniques ?

Seule dans ma cuisine, je fulmine.



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