Je parle hébreu comme un diplomate européen.
Non. J'exagère. Je parle mal, mais je parle.
Accent déplorable, très sexy d'après mon petit pépiniériste de Holon, vocabulaire limité, parfait pour les esrim proussot de pastrama au shoufersal, certes, mais désespérément restreint, conjugaisons approximatives, confusion des genres, tout cela est vrai, mais je parle, merde, et parfois même, on me comprend.
J'ai à mon actif une petite série de phrases qui me permettent de ponctuer mes discours en ayant l'impression de rester moi-même, même dans une langue très peu maîtrisée.
A ceci près que mon fils m'a fait remarquer hier que ce serait plutôt pas mal si j'étoffais un chouia la petite série de phrases car il semble que j'emploie toujours la même expression. Ze a sipour. Je ne sais même pas si c'est correct, ze a sipour, si ça se dit, mais j'aime bien. Tout est là. C'est le that's the point anglais, vous voyez le truc.
Mon fils était hilare, hier soir dans les sables de la ville en amont de la bibliothèque. L'alyah de ma mère en trois phrases, that's the point, à dire façon Nelson Monfort, ze a sipour, je vous emmerde.
Je pense qu'une fois de plus, mon cher ange a parfaitement résumé l'histoire.