Il y a une chose qui me hérisse par dessus tout.
C'est cette curieuse manie qu'ont les gens d'origine française de faire de la langue, dont chacun sait qu'elle est la meilleure et la pire des choses, leur principal sujet de conversation. Le seul ? Et t'expliquer en long, en large et en travers que si tu ne parles pas l'hébreu, tu n'as aucune chance de t'intégrer dans ce pays, ce qui semble assez logique, en fait, mais ne devrait pas être seriné ainsi, systématiquement à chaque entrevue.
J'ai beau me répéter que consciemment ou non, ils ne parlent qu'à eux mêmes et que cette obsession reflète leurs propres malaises, et qu'il faut être patient, etc., le résultat ne s'est pas fait attendre. Les enfants, mes enfants sont aujourd'hui en refus total de langue hébreue en public, merci, les copains, qui illico en rajoutent une couche, tu sais, en ne parlant pas, ils ne s'intègreront jamais.
Au secours, en hébreu, se dit atsilou.
S'intégrer pourtant. Est-ce une chose qui mérite qu'on en parle ?
Nous sommes des habitants mobiles sur une petite planète, nous remuons un peu et nous nous rencontrons. Certaines de nos rencontres sont déterminantes et d'autres ne le sont pas.
Des amitiés se créent, des liens, forts, ou ténus. Des amours.
Au gré de nos pérégrinations, nous trouvons toujours le moyen de communiquer entre nous.
Quoi d'autre ?