Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Parce qu'il est peut être temps de comprendre qu'Israël est le pays qui a le plus à gagner à la création d'un État Palestinien libre et ouvert...

Publicité

Auschwitz

Mon fils part dimanche soir à Auschwitz. C'est au programme des écoles israéliennes, le voyage à Auschwitz. Je déteste l'idée. Je la déteste. Je la déteste. Je la déteste.
De quoi, de quoi ? Il faut y aller. Il faut se souvenir. Pour que cela n'arrive plus jamais.
Plus jamais quoi ? Plus jamais la haine ? Plus jamais la torture ? Plus jamais l'injustice ? Plus jamais le crime ? Plus jamais le meurtre gratuit ? Plus jamais l'enfer ? Plus jamais la cruauté ? Plus jamais le martyre ? Plus jamais la négation de soi en tant qu'hommes ? Plus jamais la souffrance ? Plus jamais l'idée de tuer tous les juifs ?
60 années ont passé. Et rien n'a changé. L'extermination des juifs est toujours au programme. De par le vaste monde, les hommes continuent de s'entretuer au nom de dieu sait quelles idéologies débiles. Le meurtre et la cruauté sévissent, plus que jamais. Les psychopathes n'ont jamais été si imaginatifs.

Alors je l'écris comme je le pense. Il me semble que la préservation de notre mémoire ne nous a protégés de rien. Et surtout pas de l'hypocrisie et du mensonge.
Nous avons innocemment exposés de par le monde les travaux photos de nos bourreaux et cela n'empêche pas certains de nier la funeste évidence. Ce serait drôle si ce n'était si con, ces négationnistes-là sont le plus souvent ceux-là mêmes qui nous accusent d'avoir un comportement nazi envers d'autres populations du monde aujourd'hui.
Il faudrait pourtant savoir. On fabule, on exagère et on fait pareil ? Ca tient la route, ça ? Ben si.
Rien ne nous protègera jamais de la bêtise.

Et donc, aujourd'hui, de notre plein gré, au nom de la mémoire, parce qu'il faut savoir, on envoie nos enfants en Pologne.

J'ai longuement réfléchi. Pourquoi est-ce que cela me dérange autant ?
Et j'ai compris quand le père d'une amie de mon fils a puni sa fille qui a de mauvais résultats au collège. Pas de résultats, pas de voyage.
Punie. Pas d'Auschwitz.

Non. On ne devrait pas emmener les enfants à Auschwitz comme on les emmène à Verdun. "Pour qu'ils comprennent."
Auschwitz n'est pas Verdun, ni Waterloo.
Auschwitz ne saurait être le chapitre d'un programme scolaire.
Quelque chose que l'on doit connaitre, que l'on doit avoir vu.

Il n'y a rien à comprendre à Auschwitz.

Auschwitz n'est pas en Pologne.

Auschwitz est dans le coeur des hommes.

Aller sur place pour prendre conscience de notre enfer intérieur, c'est prendre le risque de voir cet enfer prendre le pas sur notre paradis.
Qui est au même endroit. Tout proche. Si proche.

On ne devrait accomplir ce voyage intime que lorsqu'on s'y sent prêt, au moment décidé par nous et pas au moment décidé par l'école. Sûrement pas au temps de l'école, d'ailleurs.
De la même façon que le Talmud nous enseigne qu'on ne peut entrer dans la kabbale qu'après 40 ans, car la connaissance requiert la maturité, je dis qu'on ne doit se recueillir sur toute cette souffrance qu'à un certain degré de maturité. Car la conscience de la folie des hommes, la connaissance de la souffrance qu'ils sont capables d'infliger, l'éveil de notre mémoire de douleur sont à n'en pas douter aussi dangereux que le savoir des livres.

Le professeur qui organise le voyage a demandé aux parents d'écrire une lettre à leurs enfants. Une lettre qu'elle leur remettra sur place. Pour, selon ses propres mots, que face à la mort, nos enfants se rappellent que la vie existe.

Je n'ai pas le temps maintenant d'approfondir encore.
En attendant ce grand voyage au coeur du désespoir, mes enfants sont à la plage. Oui, oui, y compris la punie et là, je vais les chercher.
Mais je sais que je reviendrais là-dessus.






 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article