Il existe en Israël une filière philippino-népalaise qui permet aux israéliens des troisième et quatrième âges de terminer leur vie chez eux, entourés de la présence et de la sollicitude de gens culturellement respectueux de leur expérience et de leur grand âge, loin des indécents mouroirs de nos démocraties occidentales.
La motivation est noble.
Le quotidien l'est moins.
Les philippins et népalais qui s'engagent, séduits par les salaires israéliens, acceptent par contrat de travailler 24h sur 24, 6 jours sur 7 durant un certain nombre d'années équivalent à un permis de séjour sur le territoire. Tout l'argent gagné est envoyé à la famille d'Asie, à l'exception bien sûr des salaires de la première année qui servent à rembourser l'argent du voyage, c'est que c'est loin, le Népal, et d'une partie de l'argent gagné par la suite qui est décompté pour frais divers, entre autres carte de transport et logement, presque invariablement dans un des bouges qui pullulent tout autour de la station centrale d'autobus de Tel Aviv...
Je repensais à tout cela la semaine dernière, lorsque la nounou de la petite vieille du 37, ma jolie voisine, népalaise de son état, m'a souri de l'étendoir d'en face alors que nous étendions notre linge de concert en soupirant, "caché Pessah", "c'est dur, Pessah", en hébreu dans le soleil.
... N'apprendrons-nous jamais rien ?
Mmmmm. Ca veut dire quoi, Pessah ?
Qu'un certain jour, en Egypte, le souffle de la mort injuste, une fois de plus, ni la première, ni la dernière, hélas, nous est passé par dessus.
Et nous sourions. Pessah saméah. Joyeux souffle de la mort injuste par dessus.
Berk.
Moi je ne veux pas, je ne veux plus qu'il me passe par dessus.
Puisqu'on est dans les voeux pieux, moi, je veux qu'il arrête de souffler tout court.
Pour tout le monde.
Be simha.