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Parce qu'il est peut être temps de comprendre qu'Israël est le pays qui a le plus à gagner à la création d'un État Palestinien libre et ouvert...

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De l'aberration de refaire un procès....

De l'aberration de refaire un procès....
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le 19/07/2009 à 19:53, vu 987 fois, 4 nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

 

Un ministre de la Justice qui demande à un procureur général de faire appel de condamnations trop indulgentes, c'est la République toute entière qui reconnaît qu'elle a fait une erreur de jugement.

Inadmissible. Intolérable.
La République, c'est le peuple et la République ne fait pas d'erreur.

Ce n'est pas comme si on était dans un pays qui se serait sacré  un empereur à peine plus de 10 ans, allez, 11, après avoir décollé à la hache la tête de son roi en hurlant à bas la monarchie, tout de même.
Pas comme si quelques années plus tard, à son deuxième essai de république, les Français n'avaient élu très démocratiquement comme premier président de la république qui donc ? le neveu de Napoléon soi-même. De quoi, de quoi ? Et pourtant si, tenez !

Comment ? Je vais chercher un peu loin ? Certes. La liberté naissante est toujours balbutiante. Qu'à cela ne tienne.

La République ne se trompe jamais, disais-je.

Ce n'est pas comme si le pays des droits de l'homme n'avait attendu le 27 avril 1848 pour abolir l'esclavage. Et encore, la loi ne s'appliquait pas à l'Algérie, ni à certains territoires et autres pays d'Afrique..

Le droit de vote des femmes, on en parle ou pas ? Ok, pas tout en même temps.

1940, tiens. Au hasard.
Ce n'est pas comme si le gouvernement de collaboration de Vichy n'avait outrepassé les termes des accords relatifs aux juifs avec un zèle douteux.
Ce n'est pas comme si le pays des droits de l'homme ne s'était avéré le seul pays d'Europe où les allemands ont pu déléguer en toute confiance la déportation de ses juifs, sans même avoir besoin d'être présents.
Ce n'est pas comme si ces juifs déportés n'avaient été frénétiquement prioritaires sur tous les autres prisonniers.
Pas comme si certains ne semblaient aujourd'hui avoir besoin d'un dessin pour comprendre que cette priorité-là, on s'en serait volontiers passé ? Ca ne va pas, ou quoi ? Oubliez-nous, rendez-moi ma famille, je signe tout de suite.
Pas comme si n'étaient arrivées au Lutétia siège de la Gestapo à Paris quelque chose comme un million de lettres de dénonciation. Anonymes, les lettres, je le concède, mais rédigées en français, donc émanant vraisemblablement de francophones patentés.

Mmmmm.
Allons, ne remuons pas la boue, sautons la guerre, ce n'est pas comme si après, la position de la France n'était, n'est toujours extrêmement difficile.
Pas comme si dans notre pays vaincu dès 1940, puis rapidement passé à l‘ennemi sous couvert de collaboration, la résistance qui s’institua très vite n'était le fait d’hommes s’opposant à un régime d’état, contre lesquels la répression fut des plus féroces.

Il y aurait alors une extrême indécence à essayer aujourd’hui de faire de la France un pays résistant qu’elle n’était pas. Non, la France ne fut pas un pays résistant. Mais il y eut des résistants au pays de France. La nuance fait toute la différence. Et la vie ne fut pas tendre pour les résistants au pays de France. Loin de là.     Si la France réussit un jour à faire son mea culpa, qu’elle n’oublie pas de présenter ses excuses à tous ces hommes et ces femmes qui choisirent de risquer leur vie au nom de l’honneur et de la liberté, tous ces héros du courage desquels on s’enorgueillit aujourd’hui sans jamais leur avoir exprimé le remord terrible que l’on a de les avoir ainsi blâmés, traqués, arrêtés, torturés, condamnés, exécutés sous le drapeau. La Patrie reconnaissante grandirait à s’affirmer aussi repentante.
J'ai lu ici et là des commentaires de descendants de ces héros, amers, désabusés. Ils en veulent à qui, d'après vous ? A l'amnésie collective ? Que nenni. Ils en ont après les gardiens de la mémoire juive qui en font trop. "On se souvient tant d'eux qu'on nous en oublie".
Parce que la mémoire des uns efface la mémoire des autres, c'est bien connu. Il faut le lire pour le croire !

J’entends d’ici les gaullistes bondir et hurler comme un seul homme, on ne se refait pas, « Mais la France de Vichy, Madame, ce n’était pas la France. »… Possible… Comme l’Italie de Mussolini n’était pas l’Italie. Comme l’Espagne de Franco n’était pas l’Espagne. Comme la Russie de Staline n’était pas la Russie, comme le Cambodge de Pol Pot ne fut pas le Cambodge, comme l’Iran n’est pas l’Iran, comme la Chine n’en finit pas de ne pas être la Chine. Et donc comme l’Allemagne d’Hitler n’était pas l’Allemagne.
Question subsidiaire. A quels moments de son histoire un pays se reconnaît-il ? Pouvons nous nous dédouaner ainsi de toutes nos erreurs en nous reniant à chaque dérapage ?  A ce petit jeu-là, en déduisant de notre chronologie toutes les périodes troubles de notre histoire, nous sommes bien jeunes.
Immatures. Inconscients. Tellement déraisonnables…

Mais je m'égare, je m'égare. Reprenons.

Nous en étions à l'aberration d'une République qui veut revenir sur une injustice pourtant flagrante, n'est-ce pas ?
Ce n'est pas comme si, en France, à la fin de la guerre, la qualification de crime contre l’humanité n'avait pas pu être retenue pour la répression des crimes commis donc hélas tant par les Allemands que par les Français, ceci expliquant probablement cela et si la répression n'avait été confiée à des juridictions d’exception, pour des crimes qualifiés de droit commun.
Pas comme si il avait fallu ensuite réfléchir 20 ans pour que la volonté que les criminels concernés ne puissent bénéficier de la prescription conduisit au texte de loi du 26 décembre 1964 inscrivant le crime contre l’humanité dans l’ordre juridique français.
Pas comme si un petit article, bien seul dans le gros Code pénal, n'avait enfin déclaré ces crimes « imprescriptibles par leur nature », c’est-à-dire qu’il fut enfin établi que ces crimes pourraient être jugés sans aucun délai dans le temps, en référence à la charte du tribunal international de Nuremberg de 1945 et à la résolution des Nations unies du 13 février 1946.
Pas comme si la définition ne s'était affinée ensuite au jugé, si l’on peut dire afin que puissent être poursuivis en ce sens les tortionnaires de résistants, comme l'allemand Klaus Barbie, mais aussi le français Paul Touvier, funeste chef de la milice lyonnaise.    
Pas comme si il avait fallu attendre 1994 pour que le livre II du nouveau Code pénal, entré en vigueur en mars de cette année-là, n'intègre une loi votée par les parlementaires, définissant précisément le crime contre l’humanité (articles 211-1, 212-1 et s. du Code pénal) et prenant en compte les jurisprudences successives.
Pas comme si il avait fallu attendre cette définition fine et sans ambiguïté pour qu'enfin la France reconnaisse très officiellement en 2001, si, si, vous avez bien lu, 2001, donc seulement  5 siècles après les faits et à peine 7 années après que le texte définitif ait été abrogé, si tant est qu’un texte de loi puisse être définitif, que la traite des noirs et l'esclavage constituaient des crimes contre l'humanité (loi n° 2001-434).

Je me souviens d'une phrase de Jean- François Revel, j'espère que personne ne m'en voudra de le citer ici, qui disait en substance "depuis le temps que la France rayonne, je me demande comment le monde entier n'est pas mort d'insolation.''
En prenant cette impensable décision de rejuger une affaire douloureuse qui avait indiscutablement été mal abordée, en prenant le risque courageux de se confronter enfin en pleine lumière à son vieux démon antisémite, que certains analystes pensent d'ailleurs activé par  d'imprudents communautarismes, parce que c'est bien connu, avant les communautarismes, on vivait tranquilles et heureux, où vivent-ils, ces analystes qui n'ont jamais lu de livres d'histoire?, si je les rejoins sur leur planète, est-ce que je serai protégée ?, en rejugeant, donc, loin des hypocrites, un procès bâclé, la Justice française rend enfin ce risque solaire patent.

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