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17 Mai 2012, St Pascal
Une vie israélienne.
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Je me débats avec des problèmes idiots de mutuelle.
Depuis mon départ de la France, ladite mutuelle continue de ponctionner sur mon compte la cotisation plafond, ils me doivent une tonne si jamais ils me remboursent. J'ai eu une conversation fort intéressante avec un des responsables montpelliérains.
- Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi...
- Si je me souviens de vous ?! Votre dossier est sur mon bureau depuis le mois de novembre.
- Ah bon ? Alors que mon dossier a été transféré au Mans ?
- Oui, que voulez-vous que je vous dise, vous m'êtes sympathique et je voulais être sûr que vos problèmes étaient réglés.
Bref, tout ça pour dire que la conversaton fut charmante et qu'emportée par mon élan, je l'ai invité à venir se passer un petit séjour à Tel aviv.
Petit froid gêné.
- Je ne pense pas que c'est la destination que je choisirais.
- Pourquoi, vous avez peur ?
Encore plus gêné, non, non, non.
- Ne me dites pas que vous faites partie de ces imbéciles qui croient tout ce qu'on leur raconte sans rien vérifier ?
- Ben c'est à dire...
- Vous n'avez pas de maillot ?
- Ecoutez, Israël est quand même le pays le plus armé du monde...
- Ravie de l'apprendre. C'est aussi le pays entouré des voisins les plus malintentionnés du monde, vous vous souvenez ? Ceci dit, je ne sais pas si nous sommes les plus armés, mais vous savez sans doute que la nation arabe est la plus riche du monde ?
- Euh...
- Vous le saviez, n'est-ce pas ? Comme moi, vous vous demandez pourquoi ils laissent leurs populations croupir dans cette indigence et dans cette misère ?
- Eh bien...
- Comme moi, quand vous voyez des enfants qui meurent, vous vous demandez où sont leurs parents ?
- ...
- Parce que vos enfants à vous, vous ne laissez jamais s'éloigner, n'est-ce pas, même si vous vivez dans un pays tranquille, alors au nom de quoi imaginer que les parents arabes sont différents ?
- ...
- A moins que vous ne fassiez partie de ces gens qui se disent, avec les arabes, on ne sait jamais, ils ne sont pas comme nous...
- Alors là, non...
- Fort bien, donc s'ils sont comme nous, les faits tels qu'ils sont relatés sont bizarres.
- Dites-moi, pourquoi personne ne parle comme vous ?
- Mais si, on est plein à réfléchir et à parler comme ça. Mais peu de gens nous écoutent. Pour écouter, déjà, il faut avoir envie de savoir.
- Et si on a envie de savoir, qu'est-ce qu'il faut faire? parce que ma femme va être dure à convaincre...
- Internet, lire entre les lignes, vérifier ce qui semble surréaliste, donc tout... Ecoutez, je suis marseillaise et à Paris, quand j'entendais les parisiens parler de la Corse comme d'une zone hostile, peuplée de fadas armés jusqu'aux dents, cela me faisait plutôt rire. Cela m'a sans doute ouvert l'esprit.
- Pareil pour moi avec le pays basque...
- Ben vous voyez.
- Bon écoutez, pour cette année, je ne garantis rien, parce qu'on a déjà notre destination, mais pour l'année prochaine, je mets la question sur le tapis. Et pour ce qui est de votre mutuelle, je fais le nécessaire.




J'kaz !
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Jeudi 12 Mars 2009Poster un commentaire
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le 01/08/2009 à 20:32, vu 1085 fois, 1 nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

 

Contre le minable instigateur du meurtre, l'avocat général a requis la perpétuité. Perpette, au bout du compte, c'est quoi, 20 ans, tout au plus ? Tttt. Tttt. Allez, soyons fous, 22 ans. Incompressibles, s'il vous plait.
Certes.

20 ans, 22 ans... C'est quoi, au juste ? Rien. Une vie.
A priori, c'est un signe qui nous honore. Signe de démocratie, d'avancée humaine, d'intelligence sociale. La perpétuité carcérale en France est inversement proportionnelle à l'allongement de la durée de vie. Soit.
Mais mes 10 ans de fréquentation assidue des tribunaux (en tant que journaliste, la fréquentation, section croquis d'audience) m'ont ancrée dans l'opinion que cette improductive mise au ban de notre société n'a aucun sens. Je sais bien qu'on n'a rien d'autre en magasin, mais la prison me semble une réponse totalement inappropriée dans la plupart des cas.
Dans ce cas précis, je suis prise de nausée. Dans ce cas précis, quand j'écris réponse "inappropriée", le mot est faible. Car ce crime là a d'amers relents de crime contre l'humanité. Envie de détruire, sans raison, juste parce que l'autre est. Déplacement des notions de bien et de mal. Absence totale de compassion des enfants bourreaux... Oui, mais me direz-vous, on ne peut pas parler de crime contre l'humanité quand il n'y a qu'une seule victime. Le propre du crime contre l'humanité est de viser un groupe.
Mmmmmmm.

Nausée encore. J'ai évoqué la totale absence de compassion des enfants bourreaux. Ce n'est pas tout à fait exact. Les exaspérantes vélléités de méchanceté suprême du misérable tortionnaire de banlieue qui essaie de tirer à lui la couverture traduisent une pathétique auto-compassion. Ces ridicules rodomontades qui sont autant d'appels au secours. Al Quaida, venez me chercher. J'existe. Regardez comme je suis méchant. Regardez l'odieux terroriste que je peux faire. Donnez moi 20 ans, bon, 22 et j'arrive. Attendez-moi. Pitié. Attendez-moi.
J'ai écrit pathétique... Pathétique ? Son avocate soi-même le trahit en exprimant son admiration pour son intelligence. Dommage. Crétin, il eut peut-être été défendable. Il ne l'est donc pas.

Il n'empêche. La mise en scène est gênante. Trop spectaculaire. Trop grosses ficelles. Si ridicules appels au secours. Et vas-y que je te lance ma chaussure. Pitoyables essais d'exister. Bien joué, cependant. Bien essayé. Avec, au vu du vent de folie qui souffle sur la planète, de réelles chances d'aboutir.

Hum. Regardons d'un peu plus près.
Et là. Là. La nausée monte au bord des lèvres. A la défense, on découvre des avocats engagés. Plutôt mal, d'ailleurs. Très très à droite. Des pointures. Un ancien de la défense de Saddam Hussein. Une autre, récusée parce que son nom était à consonance juive, consonance juive, tu parles, est rien moins qu'une ancienne collaboratrice du sulfureux Vergès. Dont on sait qu'il est cher et pas très regardant sur l'origine de ses honoraires.
Qui est allé dénicher ces avocats suspects ?
Qui les a payé ????
Avec quoi ?????

Mieux. L'ancienne de Vergès est aussi la femme du terroriste Carlos. Rien que ça. Lequel Carlos qui croupissait dans sa cellule sort soudain de son oubli pour assurer un autre excité patenté de son soutien à sa pauvre liste électorale hors sujet.
Je ne sais pas quoi faire avec ça. Je ne crois pas au hasard. Pendant que sa femme se fait sortir le 19 mai parce que donc son nom est à consonance juive, son assassin de mari nous rappelle bien haut et bien fort le 24 de ce même mois qu'il est antisioniste. Que veut dire tout cela ? Carlos a-t-il signifié ce jour là à l'apprenti terroriste qu'il avait entendu son appel ? Est-il possible que les deux affaires ne soient pas liées ?

La nausée s'étend quand on pense que cette affaire d'enfants bourreaux est jugée par un tribunal de mineurs. 27 accusés qui, tous, sont allés à l'école. Le grand souffle de la liberté démocratique est passé au dessus d'eux sans y laisser aucune empreinte. Quel échec cuisant de notre intelligence et de nos libertés... J'entends d'ici l'Éducation nationale se dresser comme un seul homme. De quoi, de quoi, l'école ne saurait être tenue pour responsable de toutes les dérives de notre société... Des dérives, non. Mais je donnerai bien à l'école la responsabilité du partage des valeurs, de l'éveil des intelligences, de la découverte des autres et de soi. La réforme de l'Éducation nationale, c'est peut-être en ce sens qu'elle devrait s'orienter.

Quand notre société s'avère inexplicablement impuissante à transmettre ses valeurs.

Je reste persuadée que la seule réponse possible à tous les obscurantismes reste l'école pour tous républicaine. Un extraordinaire forum qui nous réunit à des âges où tout est encore possible. C'est sans doute de ce côté là qu'il convient de fouiller et d'agir.

Appelons les choses par leur nom. C'est d'une affaire d'enfants bourreaux qu'il s'agit. Et pas n'importe quels enfants. Ce sont les nôtres. Ou des copains des nôtres, ce qui revient au même. Une société qui voit ses enfants dériver vers la sombre barbarie du fond des âges quand elle leur a enseigné les principes républicains de la liberté a des questions à se poser. De vraies questions d'adultes. Sans complaisance et sans indulgence. Et si, pour une fois, nous osions rechercher les véritables responsabilités ?

Parce que c'est un enfant, encore, un enfant tranquille de notre civilisation confortable, qui a payé de sa vie notre hypocrite mièvrerie. Un enfant souriant et charmeur qui, trois semaines durant, a subi l'impensable. A quel moment ce jeune représentant du troisième millénaire a-t-il compris du fond de sa geôle moyenâgeuse qu'il n'avait plus rien à attendre de nous ? A quel moment a-t-il su qu'il avait été transporté hors du temps et du monde civilisé que nous lui avions présenté comme le seul viable ? A quel moment a-t-il réalisé qu'on lui avait menti ? Pourrons-nous jamais croiser le regard de sa mère ? Pourrons-nous survivre à la communion de douleur que ne peut manquer de nous inspirer l'innocence de nos propres enfants qui jouent, rieurs au jardin, innocents de la fureur des hommes, de notre indécente folie ?
Quand allons-nous enfin grandir ?

Tags associés : Meurtre, ilan, halimi, nausee, proces, enfants, bourreaux

J'kaz !
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Samedi 01 Août 2009Poster un commentaire

De l'aberration de refaire un procès....

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le 19/07/2009 à 19:53, vu 987 fois, 4 nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

 

Un ministre de la Justice qui demande à un procureur général de faire appel de condamnations trop indulgentes, c'est la République toute entière qui reconnaît qu'elle a fait une erreur de jugement.

Inadmissible. Intolérable.
La République, c'est le peuple et la République ne fait pas d'erreur.

Ce n'est pas comme si on était dans un pays qui se serait sacré  un empereur à peine plus de 10 ans, allez, 11, après avoir décollé à la hache la tête de son roi en hurlant à bas la monarchie, tout de même.
Pas comme si quelques années plus tard, à son deuxième essai de république, les Français n'avaient élu très démocratiquement comme premier président de la république qui donc ? le neveu de Napoléon soi-même. De quoi, de quoi ? Et pourtant si, tenez !

Comment ? Je vais chercher un peu loin ? Certes. La liberté naissante est toujours balbutiante. Qu'à cela ne tienne.

La République ne se trompe jamais, disais-je.

Ce n'est pas comme si le pays des droits de l'homme n'avait attendu le 27 avril 1848 pour abolir l'esclavage. Et encore, la loi ne s'appliquait pas à l'Algérie, ni à certains territoires et autres pays d'Afrique..

Le droit de vote des femmes, on en parle ou pas ? Ok, pas tout en même temps.

1940, tiens. Au hasard.
Ce n'est pas comme si le gouvernement de collaboration de Vichy n'avait outrepassé les termes des accords relatifs aux juifs avec un zèle douteux.
Ce n'est pas comme si le pays des droits de l'homme ne s'était avéré le seul pays d'Europe où les allemands ont pu déléguer en toute confiance la déportation de ses juifs, sans même avoir besoin d'être présents.
Ce n'est pas comme si ces juifs déportés n'avaient été frénétiquement prioritaires sur tous les autres prisonniers.
Pas comme si certains ne semblaient aujourd'hui avoir besoin d'un dessin pour comprendre que cette priorité-là, on s'en serait volontiers passé ? Ca ne va pas, ou quoi ? Oubliez-nous, rendez-moi ma famille, je signe tout de suite.
Pas comme si n'étaient arrivées au Lutétia siège de la Gestapo à Paris quelque chose comme un million de lettres de dénonciation. Anonymes, les lettres, je le concède, mais rédigées en français, donc émanant vraisemblablement de francophones patentés.

Mmmmm.
Allons, ne remuons pas la boue, sautons la guerre, ce n'est pas comme si après, la position de la France n'était, n'est toujours extrêmement difficile.
Pas comme si dans notre pays vaincu dès 1940, puis rapidement passé à l‘ennemi sous couvert de collaboration, la résistance qui s’institua très vite n'était le fait d’hommes s’opposant à un régime d’état, contre lesquels la répression fut des plus féroces.

Il y aurait alors une extrême indécence à essayer aujourd’hui de faire de la France un pays résistant qu’elle n’était pas. Non, la France ne fut pas un pays résistant. Mais il y eut des résistants au pays de France. La nuance fait toute la différence. Et la vie ne fut pas tendre pour les résistants au pays de France. Loin de là.     Si la France réussit un jour à faire son mea culpa, qu’elle n’oublie pas de présenter ses excuses à tous ces hommes et ces femmes qui choisirent de risquer leur vie au nom de l’honneur et de la liberté, tous ces héros du courage desquels on s’enorgueillit aujourd’hui sans jamais leur avoir exprimé le remord terrible que l’on a de les avoir ainsi blâmés, traqués, arrêtés, torturés, condamnés, exécutés sous le drapeau. La Patrie reconnaissante grandirait à s’affirmer aussi repentante.
J'ai lu ici et là des commentaires de descendants de ces héros, amers, désabusés. Ils en veulent à qui, d'après vous ? A l'amnésie collective ? Que nenni. Ils en ont après les gardiens de la mémoire juive qui en font trop. "On se souvient tant d'eux qu'on nous en oublie".
Parce que la mémoire des uns efface la mémoire des autres, c'est bien connu. Il faut le lire pour le croire !

J’entends d’ici les gaullistes bondir et hurler comme un seul homme, on ne se refait pas, « Mais la France de Vichy, Madame, ce n’était pas la France. »… Possible… Comme l’Italie de Mussolini n’était pas l’Italie. Comme l’Espagne de Franco n’était pas l’Espagne. Comme la Russie de Staline n’était pas la Russie, comme le Cambodge de Pol Pot ne fut pas le Cambodge, comme l’Iran n’est pas l’Iran, comme la Chine n’en finit pas de ne pas être la Chine. Et donc comme l’Allemagne d’Hitler n’était pas l’Allemagne.
Question subsidiaire. A quels moments de son histoire un pays se reconnaît-il ? Pouvons nous nous dédouaner ainsi de toutes nos erreurs en nous reniant à chaque dérapage ?  A ce petit jeu-là, en déduisant de notre chronologie toutes les périodes troubles de notre histoire, nous sommes bien jeunes.
Immatures. Inconscients. Tellement déraisonnables…

Mais je m'égare, je m'égare. Reprenons.

Nous en étions à l'aberration d'une République qui veut revenir sur une injustice pourtant flagrante, n'est-ce pas ?
Ce n'est pas comme si, en France, à la fin de la guerre, la qualification de crime contre l’humanité n'avait pas pu être retenue pour la répression des crimes commis donc hélas tant par les Allemands que par les Français, ceci expliquant probablement cela et si la répression n'avait été confiée à des juridictions d’exception, pour des crimes qualifiés de droit commun.
Pas comme si il avait fallu ensuite réfléchir 20 ans pour que la volonté que les criminels concernés ne puissent bénéficier de la prescription conduisit au texte de loi du 26 décembre 1964 inscrivant le crime contre l’humanité dans l’ordre juridique français.
Pas comme si un petit article, bien seul dans le gros Code pénal, n'avait enfin déclaré ces crimes « imprescriptibles par leur nature », c’est-à-dire qu’il fut enfin établi que ces crimes pourraient être jugés sans aucun délai dans le temps, en référence à la charte du tribunal international de Nuremberg de 1945 et à la résolution des Nations unies du 13 février 1946.
Pas comme si la définition ne s'était affinée ensuite au jugé, si l’on peut dire afin que puissent être poursuivis en ce sens les tortionnaires de résistants, comme l'allemand Klaus Barbie, mais aussi le français Paul Touvier, funeste chef de la milice lyonnaise.    
Pas comme si il avait fallu attendre 1994 pour que le livre II du nouveau Code pénal, entré en vigueur en mars de cette année-là, n'intègre une loi votée par les parlementaires, définissant précisément le crime contre l’humanité (articles 211-1, 212-1 et s. du Code pénal) et prenant en compte les jurisprudences successives.
Pas comme si il avait fallu attendre cette définition fine et sans ambiguïté pour qu'enfin la France reconnaisse très officiellement en 2001, si, si, vous avez bien lu, 2001, donc seulement  5 siècles après les faits et à peine 7 années après que le texte définitif ait été abrogé, si tant est qu’un texte de loi puisse être définitif, que la traite des noirs et l'esclavage constituaient des crimes contre l'humanité (loi n° 2001-434).

Je me souviens d'une phrase de Jean- François Revel, j'espère que personne ne m'en voudra de le citer ici, qui disait en substance "depuis le temps que la France rayonne, je me demande comment le monde entier n'est pas mort d'insolation.''
En prenant cette impensable décision de rejuger une affaire douloureuse qui avait indiscutablement été mal abordée, en prenant le risque courageux de se confronter enfin en pleine lumière à son vieux démon antisémite, que certains analystes pensent d'ailleurs activé par  d'imprudents communautarismes, parce que c'est bien connu, avant les communautarismes, on vivait tranquilles et heureux, où vivent-ils, ces analystes qui n'ont jamais lu de livres d'histoire?, si je les rejoins sur leur planète, est-ce que je serai protégée ?, en rejugeant, donc, loin des hypocrites, un procès bâclé, la Justice française rend enfin ce risque solaire patent.

Tags associés : aberration, proces

J'kaz !
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Samedi 01 Août 2009Poster un commentaire

Depuis mon arrivée ici, par la force des choses, je côtoie beaucoup de diplomates. Mes enfants vont dans l'école des leurs, déjà et plus, puisqu'affinités.

Je sais maintenant pourquoi cela ne marche pas, pourquoi cela n'a aucune chance de marcher et pourquoi cela ne marchera jamais si on compte sur ceux-là pour faire avancer quoi que ce soit.

Un ami mien de l'ambassade européenne, oui, parce qu'il y a aussi une ambassade européenne très concernée par le respect des droits des bédouins, un de leurs gros dossiers, un ami mien européen, donc m'a gentiment expliqué. Le problème, c'est qu'on nous balance dans des endroits dont nous n'avons pas idée, dont nous ne connaissons ni la langue, ni les coutumes, ni les codes. Ca complique.

Tu m'étonnes que ça complique.

Première bizarrerie. Le conflit, on nous l'a dit et répété est une guerre de religions. Je trouve cette analyse si stupide que je me suis toujours demandée, mais où vont-ils chercher cela ? Aujourd'hui, je sais.

Suivez mon regard. Si, si. Mes amis diplomates. Ils passent le premier trimestre de leur poste à chercher l'église la plus conforme à leurs aspirations catéchumènes et ensuite, ils s'essaient à l'analyse. Pour convaincre une bande de barbares lointains des joies de la laïcité, le monde occidental lui a dépêché une fine équipe de chrétiens patentés qui pour la plupart ne savent absolument pas pourquoi leur calendrier commence un premier janvier. Ben... C'est la naissance de Jésus. Ah bon, c'est pas plutôt le 24 décembre, la naissance de Jésus ? Mais oui, maintenant que tu le dis, c'est vrai, ça, ben alors, pourquoi ?

Pour avancer quand on commence comme ça, il faudrait un miracle...

Et j'en passe et des meilleures.

Le fin du fin, c'est que pendant que les maris s'essaient à la paix, engoncés dans leurs costards trois pièces sous la canicule, leurs épouses oisives se livrent entre elles une guerre hiérarchico-parentale sans merci. Ce serait très drôle si ce n'était pas totalement désespérant.

Le tout sous l'oeil goguenard de notre chomer de l'école, celui gâce auquel nous avons la joie chaque matin de nous saluer par un "shalom israël" incontournable, puisque le cher homme a le bon goût de s'appeler ainsi.


J'kaz !
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Mercredi 04 Mars 2009Poster un commentaire

Aux fenêtres, aujourd'hui, en plus des petites fleurs du printemps, il y a une multitude de petits drapeaux, autant de petites étoiles bleues qui dansent.
D'une manière générale, je n'aime pas les drapeaux. Ils ont un côté pipi de chat qui m'insupporte. Sans compter que leur petit air propre et géométrique reflète bien peu souvent l'état d'esprit de ceux qui les brandissent.

Mais là, personne ne brandit rien. Personne n'a nulle envie d'en découdre avec personne. Ici, la fête d'indépendance ne s'accompagne d'aucun défilé de char, d'aucune parade militaire ou autre connerie du genre. Les militaires, ils se sont réunis hier. Mais ce n'était pas pour dire on est les plus beaux, on est les plus forts. C'était pour pleurer nos morts. Journée du souvenir de nos enfants tombés en uniforme pour que continuent de fleurir nos printemps. Ici, une fois l'an au moins, les militaires se lamentent sur l'horreur de la guerre et la dérision des combats. Sur l'immense douleur des conflits et la souffrance qu'ils engendrent. Au jour du souvenir, les militaires regardent s'élever les flammes de la mémoire et leus poitrines se gonflent de chagrin.

Le lendemain, jour de la fête d'indépendance, c'est pique-nique général. Tout le monde se réunit au fond des bois, des familles entières au coeur des fôrets, partie de pétanque dans les vertes plaines de Galilée, journée buccolique et douce s'il en est. Avec les petits drapeaux aux balcons qui ne sont là que pour chanter qu'on est vivants et qu'on veut continuer à pique-niquer dans les fleurs et que nos enfants aussi, traditionnellement y emmènent leurs enfants et les petits enfants de leurs enfants.

Hier soir quand je suis rentrée à la maison, juste après m'être garée, j'ai levé les yeux vers une voix qui chantonnait au dessus de moi. Sur sa terrasse, un voisin très charmant piquait gaiment son drapeau dans un pot de géranium. Il m'a souri.

Tags associés : haatsm

J'kaz !
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Mercredi 29 Avril 2009Poster un commentaire
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