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J'aime bien cette machine. Parfois, tu finis d'écrire un truc, tu fignoles un mot, l'autre, tu aurais une plume que tu la triturerais entre tes dents, mais là, bon, avec cet engin, difficile d'adopter des poses romantiques. D'un geste rapide, tu mets le point final, tu envoies.
Las. Tu as fait une espèce de fausse manoeuvre incompréhensible, une nouvelle page s'inscrit. Toute blanche. Ton article est perdu dans les limbes. Merveilleux. Une bonne demie heure gâchée. Mais c'est quoi, cette merde ? Je me calme et j'essaie de retrouver mes idées. Tags associés : Comme
Lundi 09 Mars 2009Poster un commentaire
J'appartiens au peuple le plus résilient du monde. Quel moche mot, résilience ! Il vous a de ces petits airs narquois de famille avec des antipathies du genre location 3/6/9, résilles à trous pour bas et rarement pour hauts, contrat, résiliable, tu parles d'une aubaine ! Il n'empêche, si le mot ne musique pas, l'idée swingue sacrément. Ce qui ne me tue pas me rend forte, comme disait l'autre. Peuple élu, peuple élu ! Quoi, peuple élu ? Élu de quoi ? Tiens, te voilà prisonnier dans ton ghetto. Essaie de te faire élire maintenant ! Haï. Qui mieux que nous ? Tags associés : nini
Lundi 09 Mars 2009Poster un commentaire
Je suis retournée cette semaine en France pour la première fois depuis mon Alyah, il y a un an et demi. Toute cette colère. Toute cette haine. Toute cette ignorance. Toute cette stupidité. Tous ces gens qui regardent passivement leur écran de télévision en hochant la tête, sans jamais réfléchir. Je suis consternée. L'hypocrisie ambiante n'est pas nouvelle, pourtant. Je me souviens. Quand les "kamikazes" palestiniens ont commencé à se suicider dans les lieux publics israéliens, il y a quelques années, j'étais ulcérée, déjà. Je n'épilogue pas bien entendu sur le chagrin qu'a pu éveiller en moi, qu'aurait du éveiller en tous, la mort des innocentes victimes de cette sanglante folie, non, je parle d'autres chose, d'un malaise qui est allé grandissant. Moi, le suicide des jeunes me met toujours en colère. Pas vous ? Entendons-nous bien. Un adolescent qui se suicide, c'est un drame atroce qui éveille en chaque adulte une culpabilité indicible. Nous ne pouvons pas ne pas nous demander... à quel moment n'avons nous pas entendu son appel ? Et nous nous sentons si coupables face à la jeunesse foudroyée que, par remords rétrospectif, nous cherchons par tous les moyens à sauver les autres, nous déployons des trésors d'ingéniosité en matière de persuasion à l'égard de tous les enfants tristes de notre entourage. Dérisoire, certes, mais tout de même. Là, un premier jeune se tue, puis un second, puis des centaines on nous annonce qu'ils sont des milliers à être candidats à la gloire, quelle gloire ?, et personne ne se dresse ? Personne ne crie... Stop !? Mieux. Ce désespoir meurtrier qui n'a aucun sens a ému les bonnes âmes au delà du raisonnable. En Europe, nous avons relayé les informations insensées qui nous étaient fournies et nous avons complaisamment érigé en martyr chaque meurtrier, puisqu'il était jeune, suicidaire et si romantiquement désespéré. Nous faisant par là même des complices de la méthode. A la question que veux-tu devenir plus tard, un élève musulman ne m'a-t-il pas répondu un jour, kamikaze en Palestine ? Ah bon, ton projet d'avenir à toi, c'est de mourir ? Eclat de rire général dans la classe. Mais non, madame, vous n'avez pas compris... Oh, mais si, j'ai très bien compris. Les kamikazes palestiniens se suicident, enfin, sont suicidés en entraînant dans la mort le plus de monde possible, juifs, c'est vrai, mais quand même. Donc, en dix secondes, tu deviens tout à la fois, un assassin et un mort. Joli projet. Mon petit élève était tout décontenancé. Mais madame... Tu sais quoi ? Si le jour où quelqu'un essaie de te convaincre que ta vie n'a pas d'importance face à la cause ou face à n'importe quoi, tu l'envoies bouler, alors je n'aurais pas perdu mon temps de professeur. Sourire lumineux de l'enfant. Je promets, madame. Surréaliste. Face aux pseudo suicidés de Palestine qui faisaient passer leurs ceintures de bombes en notes de frais à la colombe de la paix locale, a-t-on seulement entendu quelqu'un hurler : Arrêtez, tout de suite ? Non. A-t-on vu quelqu'un descendre dans la rue ? Non. Nous, européens, nous sommes contentés de faire semblant de pleurer avec commisération... pas du tout sur les victimes, d'ailleurs, mais exclusivement sur les kamikazes, pauvres gens, s'il le font, c'est qu'ils ont des raisons de le faire. Une espèce de délire compassionnel, une certaine forme de condescendance coupable. Aujourd'hui, le Hamas a d'ores et déjà prévenu. Guerre, pas guerre, ils ont 20 000 candidats au suicide prêts à fondre sur la foule juive dès qu'on rouvrira les points de passage... qui avaient d'ailleurs été fermés pour empêcher ce déferlement meurtrier, l'a-t-on oublié ? Et le monde de pleurer, Rouvrez, que les gazaoui soient libres... On n'y avait pas pensé. Evidemment qu'il faut que les gazaoui soient libres. Mais si seulement on pouvait avoir ne serait-ce qu'une petite assurance qu'ils n'utiliseront pas cette "liberté" pour venir tuer nos enfants.. On aurait sûrement moins de réticence à ouvrir, j'en suis persuadée. Nous savons à présent en tous cas, pour ceux qui en doutaient encore que les pacifistes du Hamas qui, je l'ai lu dans la gazette de Montpellier, font tant pour l'éducation et la santé dans la région de Gaza, sans rire, un frappé a vraiment écrit ça, nous savons donc que, probablement dans un souci éducatif ou thérapeutique, allez savoir, ils ont gardé au chaud ce désespoir télécommandé, pas spontané pour un sou, qu'ils commanditent et orchestrent. On est rassurés. J'ironise, mais je suis en colère. En un mot comme en cent, ces jeunes gens cannonisés post mortem ne sont ni plus ni moins que des bombes humaines. Pour lesquelles le monde n'a pas levé le petit doigt, tétanisés que nous étions par les mots magiques : Suicide. Kamikaze. Désespoir. Martyr. Je m'élève de toutes mes forces contre l'utilisation d'une arme aussi non conventionnelle que la faiblesse humaine.
Mercredi 21 Janvier 2009Poster un commentaire
J’appartiens au peuple le plus résilient du monde. Quel moche mot, résilience ! Il vous a de ces petits airs narquois de famille avec des antipathies du genre location 3/6/9, résilles à trous pour bas et rarement pour hauts, contrat, résiliable, tu parles d’une aubaine ! Il n’empêche, si le mot ne musique pas, l’idée swingue sacrément. Ce qui ne me tue pas me rend forte, comme disait l’autre. On décrète que, peuple maudit parmi les maudits, nous seuls pouvons manipuler cet instrument diabolique entre tous qu’est l’argent ? Qu’à cela ne tienne, nous inventons le système bancaire. On nous interdit tout prosélytisme ? Fort bien, nous décidons illico que c’est une chouette bonne idée et nous en faisons une loi, prétentieux que nous sommes ! Peuple élu, peuple élu ! Quoi, peuple élu ? Élu de quoi ? Tiens, te voilà prisonnier dans ton ghetto. Essaie de te faire élire maintenant ! On nous enferme entre nous ? Qu’à cela ne tienne, nous en profitons pour nous reposer un peu et perpétuer tranquilles nos traditions. Près de six mille ans plus tard, un juif de Shanghai et un juif d’Addis-Abeba peuvent unir leurs prières, sans que ne les sépare ne fut-ce qu’une virgule. Tu veux savoir ce qu’on en fait de ta virgule ? Et ce petit pogrom, qu’est-ce que tu en dis ? Tu le veux ce pogrom ? Pas vraiment, mais ai-je le choix… On nous en veut ainsi depuis fort longtemps. On nous en veut à mort. Rien que ça. Pas rancuniers, nous avons engendré des générations de thérapeutes. Des médecins pour soigner les blessés, des psychanalystes, pour consoler les délateurs, des psychiatres, pour raisonner les bourreaux. Tu veux ma peau ? A la bonne heure. Mais je sauverai la tienne, avant. Grr. On nous chasse par la porte, nous revenons par la fenêtre. Subversifs en diable, sans trêve ni repos, nous remettons sans cesse le monde en question. Nous sommes épuisants. Et ce n’est pas le pire. J’écrivais que la résilience n’est pas très musicale, il n’empêche, musique ou pas, nous sommes vivants, nous sommes résilients et nous dansons. Haï ! On nous frappe et nous nous relevons sans cesse, et sans cesse, nous dansons. Parfois nous titubons un peu, mais inexorablement, nous dansons. Frénétiquement, nous dansons. Ostensiblement, nous dansons. Pif ! Paf ! Chbong ! Même pas mal ! Nous sommes les champions du monde libre des chaises musicales. Tout le monde s’est assis et nous pas, mais on s’en fout, qu’à cela ne tienne, on fait danser les chaises. Haï ! Tu m’étonnes que nous exaspérions tout le monde ! Nous sommes les bardes du village et tous les forgerons avec leur enclume de scander en chœur « Non, tu ne chanteras pas ! Non, tu ne chanteras pas ! Non, tu ne chanteras pas ! » Mais nous, tu parles, nous chantons quand même. Le forgeron peut toujours cogner, le malheureux, nous chantons. Pauvre forgeron, tu as une grosse veine bleue qui bat sur la tempe, tu as l’air si nerveux ! Tiens, assieds-toi un peu, pose ton gourdin, écoute, nous allons te chanter une petite chanson ! La la la la la la la mazel tov ! Haï ! Nous sortons par les trous de nez du monde ! Comme l’air qu’on respire, nous sortons par les trous de nez du monde. Nous sommes les empêcheurs de tourner en rond dans son petit bocal de semoule. Les empêcheurs de marcher tranquilles au pas de l’oie. Les empêcheurs de penser vain et unique. Les empêcheurs d’empêcher en paix. On vous l’a dit. Insupportables. Donneurs de leçons, avec ça. Et l’autre imbécile qui nous a agrafé une étoile sur la chemise pour nous repérer. Pauvre malade. Il n’avait donc pas vu que les étoiles, on en a plein les yeux ? Avec dans cette vie, un but avoué sans honte, ridiculissime. La Paix sur terre. Comme je vous le dis. Une fumisterie de première grandeur, sauf qu’on y croit, dur comme fer. Les pogroms, la shoah, la djihad, et on y croit quand même. Plus que jamais, d‘ailleurs, par les temps qui courent. Nous sommes des candides. Complètement paranoïaques, on le serait à moins, mais néanmoins des bienheureux. Des fadas, comme on dirait en Provence, au sens littéral du terme qui désigne celui qui plane parce qu’il a vu les fées. Improbables, impensables, intenables. Indispensables. Haï. Qui mieux que nous ? Tags associés : Petite, precision, israelienne, juive
Jeudi 22 Janvier 2009Poster un commentaire
Je ne suis pas absolument sûre de faire ce qu'il faut. Mais tout plutôt que ne rien faire. Je continue de lire les âneries qui s'énoncent sur le net. Que sont devenus les journalistes ? Quel est donc cet étrange métier, mort de savoir qu'il n'était que 4ème sur la liste convoitée des pouvoirs ? Ah les journalistes. Où est passé leur rêve de justice ? Leur fantasme d'objectivité ? Comment osent-ils parler de choses, de lieux qu'ils ne connaissent pas ? Comment osent-ils se poser si peu de questions ? Comment peuvent-ils se montrer si peu professionnels ? Pourquoi ne consultent-ils qu'une source ? Comment diable peuvent-ils se contenter du son d'une seule cloche ? Tags associés : Quand, pense, albert, londres, fermer, cayenne
Jeudi 29 Janvier 2009Poster un commentaire
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